LE JOURNAL

tout savoir sur ce que défend la friche et ses partenaires

  • Atelier Lucien

• ITW • FLORIAN POUR FIERTÉS COLORÉES

Fiertés Colorées - centre LGBTQI+ de Rouen est une association militante pour les droits des personnes LGBTQI+. On a rencontré Florian qui fait parti du collège d’administration, pour qu’il nous de parle de son parcours et du centre, qui est une vraie bulle d’entre-aide et de soutien :



crédit : Jean-Pierre Sageot

PARLE NOUS DE TOI



Est ce que tu peux te présenter ?


Je m’appelle Florian et je suis dans le collège d’administration de Fiertés Colorées. Il n’y a pas de système président, secrétaire & trésorier dans l’asso. On est tou·te·s au même niveau, c’est horizontal. Je fais donc parti des trois membres qui ont repris l’asso à l’automne dernier. Et moi je m’occupe de la coordination générale des activités.


Une des façons pour moi de mieux vivre, c’est de militer pour la cause des personnes LGBT+

Quel a été le déclic qui t’as fait t’engager ?


Ce n’est pas tant un déclic, c’est plutôt un parcours petit à petit. Ça fait un moment que je fréquente Le Diable au corps, qui est un lieu associatif dans lequel habite Fiertés Colorées, le Centre LGTB+ de Rouen. J’ai rencontré beaucoup de personnes et c’est tombé à un moment dans ma vie où j’avais de nouveau envie de m’investir dans le milieu associatif. J’avais fait une pause et l’occasion s’est présentée. Alors j’ai foncé.

Parle nous de cet autre milieu associatif dans lequel tu as évolué avant d’atterrir chez Fiertés Colorées.


Je viens de l’animation socio-culturelle. Je formais des gens au BAFA par exemple, des animateurs et animatrices de centres de loisirs, de colonies de vacances et je faisais de l’éducation médias plus spécifiquement.

Pourquoi t’investir auprès de la cause LGBT en particulier ?


Tout simplement parce que je suis gay. C’est une identité qui n’a pas été facile pour moi à accepter et à assumer. Et une des façons pour moi de mieux la vivre, c’est de militer pour la cause des personnes LGBT+. C’est comme ça que je me suis retrouvé à travailler sur ce sujet-là.



Que tires-tu de cet engagement sur ta vie personnelle ?

J’en tire un vrai épanouissement, je m’amuse en fait. C’est complètement bénévole et je n’y fais que ce que j’ai envie de faire. Je choisis le temps que j’y consacre, l’énergie que j’y dédie, et pour le coup, je me fais plaisir. Je rencontre de nouvelles personnes à chaque moment et c’est toujours enrichissant.


crédit : Jean-Pierre Sageot

PARLE NOUS DE TON ASSO

Fiertés Colorées, c’est née d’une fusion entre plusieurs associations, quel a été l’élément déclencheur de cette convergence ? Pourquoi ce besoin d’union ?


Fiertés Colorées, c’est l’émanation de l’ancienne antenne de Rouen du Centre LGBTI de Normandie. Ce centre LGBTI de Normandie existe à Caen et a des antennes un peu partout. L’antenne de Rouen existait depuis 2016. L’année dernière, l’équipe a souhaité s’autonomiser. Fiertés Colorées a été créé en mars 2020 juste avant le premier confinement. C’est une asso vraiment à part entière, mais on travaille en partenariat avec d’autres associations du territoire Rouennais dans un esprit de collectif. Le Refuge, C’est Mon Genre, le GETIN, (Groupe d’Entraide Trans Intersexe Normandie), Laisse Bien Ta Gaieté (asso de femmes qui aiment les femmes) etc. L’idée, c’est que chacun·e ait sa spécificité et qu’on soit tou·te·s ensemble pour défendre nos revendications communes.

Vous avez mis en place des permanences d’accueil, est ce que tu peux expliquer en quoi ça consiste ?


L’idée c’est d'accueillir et de proposer un espace safe

Les permanences d’accueil, c’est le coeur de l’activité de Fiertés Colorées. Depuis la relance des activités au début 2021, on a mis en place 3 permanences distinctes.

Une première permanence : la permanence asile

L’idée c’est de pouvoir accueillir des personnes demandeuses d’asile, des réfugié.es qui arrivent en France et qui ont besoin d’accompagnement personnel au niveau administratif. Et puis ça leur permet aussi de rencontrer des personnes LGBT+ du coin. La deuxième permanence : la permanence trans :

Elle est réservée aux personnes trans, non-binaires ou les personnes en questionnement et éventuellement aux personnes qui ont des proches qui sont concerné·e·s par la question trans. Ces personnes peuvent venir et l’idée c’est de les accueillir et de leur proposer un espace safe, où on est sûr qu’elles ne subiront pas de transphobie. Ça permet de pouvoir rencontrer d’autres personnes, de développer l’entraide ou de réfléchir sur les questions de transition médicale et administratives. On voudrait des personnes ressources pour que les personnes puissent avoir des réponses à leurs questions


La troisième permanence : la permanence conviviale générale LGBTI+

De nouveau, c’est un espace d’accueil safe, de rencontre de personnes LGBT qui habitent Rouen et les alentours. On peut répondre à des questionnements d’orientation sexuelle, ou à des questionnements de genre. C’est aussi un espace de création de projets militants comme la Marche des Fiertés.


Marche des Fiertés 2021 à Rouen, crédit : Jean-Pierre Sageot

Quelles sont ces projets militants dont tu nous parles ?


Il y en a plusieurs. On a créé notamment une plaquette d’informations à destination des personnes LGBT+ avec la Ville de Rouen. On répond aux sollicitations d’institutions, d’organisations, d’assos qui ont besoin d’une expertise sur la question LGBT+ et on les conseille là-dessus.


Un de nos gros projets, c’est de constituer le centre de ressource documentaire du centre LGBT+ qu’on a appelé la Queerothèque. C’est en construction donc ça prend du temps. Au Diable au Corps se trouve une bibliothèque de prêt. L’idée c’est que dans cette bibliothèque de prêt, on ait tout un rayonnage LGBT+. On ne s’arrêterait pas aux bouquins, on voudrait aussi des ressources de sites internets, de comptes Instagram, de films etc

En quoi cela consiste de rejoindre Fiertés Colorées ?

On est toujours en recherche de personnes bénévoles qui souhaitent s’investir dans la cause et qui ont des idées de projets militants. Il y a un grand axe qu’on va développer sur les années qui suivent, c’est la problématique de l’éducation sur les questions LGBT+. On aimerait être capable de faire des formations, des interventions sur les milieux scolaires etc. Donc toutes les personnes intéressées sont les bienvenues afin qu’on puisse rassembler un maximum et créer une dynamique de la communauté LGBT à Rouen.


Au-delà du champ de l’éducation, il y a aussi un autre grand axe qui est le champ de la santé. On parle ici de santés mentales mais aussi de santés physiques, notamment celles des personnes trans. C’est un vrai sujet entre l’institution médicale et les personnes LGBT+, il y a un gros travail à faire.

Mais pour revenir à ce que consisterait le fait de rejoindre l’asso, le mieux c’est de venir aux permanences nous rencontrer. On a tout un tas d’idées et de missions à donner aux personnes comme l’animation de nos réseaux sociaux, des écritures de texte, de prise de position avec la rédaction de fanzines qui doit se développer prochainement. Les idées arrivent avec les personnes.

Avez-vous des besoins spécifiques ?

On est une toute jeune asso qui a très peu de moyens financiers. Aujourd’hui, on demande des subventions aux institutions publiques et on continuera. On est soutenu·e·s par certaines collectivités, notamment la Ville de Rouen mais on a toujours besoin de plus. Plus on aura de l’argent, plus on fera d’actions qui auront de l’impact. Je pense notamment à la Pride qui impose de mettre beaucoup d’argent sur la table ou encore la Quinzaine des Fiertés, où on invite des intervenant·e·s, où on met en place des activités etc. Tout cela coûte de l’argent.

En termes de matériel, aujourd’hui on n’a pas de grands besoins, si ce n’est qu’on invite les personnes à venir donner des livres sur les questions LGBT+ s’ils en ont, afin de les partager et de les mettre à disposition du public.


Kiosque Citoyen à la Friche Lucien




  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon
  • Blanc LinkedIn Icône